Qui sommes nous ?

Les années et les voyages se succédant, nous avons peu à peu pris goût à nos périples loin de nos quotidiens. A tel point qu’il devenait compliqué d’accepter de ne pouvoir le faire que quelques semaines dans l’année. Un mariage et quelques prises de conscience plus tard, nous lâchions nos boulots. Ainsi est né le projet « Wise Contemplatives ».

Mais revenons quelques années en arrière pour mettre les choses en contexte et pour mieux comprendre comment nous en sommes arrivés à tout plaquer et partir voyager sans date de retour.

Notre histoire

On s’appelle Laura et Lény et on s’est rencontrés pendant l’été 2005 sans se douter que 15 ans plus tard on serait mariés. L’été en question était loin d’être achevé que déjà, on se bécotait sur les bancs publics des parcs de notre village du sud de la France. Nos premières années ensemble étaient rythmées par nos vies lycéennes dans deux établissements différents et nos premiers « voyages » en France.

Arrivèrent ensuite les études supérieures. Après quelques errances et erreurs d’orientation, on se retrouvait tous les deux en fac de géo pour notre plus grand plaisir. Enfin, nous allions passer toutes nos journées ensemble. Quelle joie ! Un boulot étudiant pour Lény, beaucoup de travail pour Laura et des soirées universitaires en pagaille rythmèrent nos cinq années de fac. On était enfin diplômés, prêts à affronter le monde du travail. Ces cinq années ont aussi été ponctuées de voyages et nos quelques semaines en Ecosse ont été un premier déclic.

L’entrée dans le monde du travail s’est fait progressivement pour Laura qui passa un second Master dans le but de devenir prof, vous savez, ce métier merveilleux malheureusement si mal reconnu en France et devenu dangereux à exercer, celui là oui. C’est brillamment qu’elle obtint son concours pendant que Lény trouvait un CDD dans une entreprise dans laquelle il n’était pas Lény, l’être humain, pourvu de sentiments, mais un code à trois lettres, engrenage jetable d’une chaîne de production sans âme.

2016 fut l’année qui nous permit de réellement nous lancer dans le monde impitoyable du travail. Laura décrochait son premier poste de prof d’Histoire Géo en lycée pendant que Lény après quelques mois de recherche d’emploi trouvait un job de responsable du service cartographie d’une entreprise. Les réveils à quatre heures du matin pour que Laura puisse prendre son train dans lequel elle passait quatre heures par jour nous faisaient déjà nous poser quelques questions. Est-ce que tout ça rimait vraiment à quelque chose ? Fallait-il se donner autant de mal pour pouvoir payer factures et loyers ?

Les années qui suivirent furent celles de la stabilité professionnelle et financière. Laura avait obtenu une mutation pour un poste un peu moins éloigné et on avait décidé de déménager pour que ce ne soit pas elle qui se tape tous les trajets. Ce fût le point de départ d’un scandale écologique, d’une catastrophe environnementale dont nous nous sommes rendus complices. On faisait chacun une heure d’autoroute pour aller travailler, autant pour revenir et on avoisinait à nous deux les 300km de trajet par jour, et ce, pendant presque trois ans. Le budget essence était colossal et la société nous avait bien retourné le cerveau en nous faisant croire que c’était normal, que l’argent qu’on touchait en fin de mois était la seule richesse qui ait de la valeur et qu’il y avait finalement bien pire que ça (ce qui est fondamentalement vrai). Du coup, pourquoi ne pas acheter une maison dans ce contexte, car après tout, il faut bien acheter une maison pour avoir une vie comme il faut. Bonne idée, cherchons.

Pourquoi tout plaquer et partir ? 

Puis le sens des priorités fût légèrement chamboulé quand on a décidé de se marier, la maison attendrait un peu. Il y avait des fiançailles en cours après tout. C’est durant l’été 2019 qu’on s’est marié puis qu’on a sauté dans un avion direction San Francisco et l’Ouest américain.

C’est ce voyage de noces qui marquera un tournant. Lény ne s’en remettra pas et vivra très mal son retour en France dans un quotidien qu’il supportait de moins en moins bien. Laura émerveillée par ce voyage se remit en quête de la maison parfaite. On boycottait les émissions et reportages TV sur ces français qui, pour aller vivre leur rêve à l’autre bout du monde décidaient de tout plaquer et partir, ils partaient faire un tour du monde épique et on était jaloux. Certainement jaloux de leurs aventures, de cette folle parenthèse dans leur vie ou de cette nouvelle vie qu’ils croquaient à pleine dent mais assurément jaloux de leur courage à tout quitter pour vivre leur rêve. On boycottait ces émissions car chaque dimanche soir passé devant Zone Interdite « Ces français qui ont quitté la métropole et à qui tout sourit » nous foutait le moral dans les chaussettes pour la semaine à venir. Seulement voilà, on avait jamais le temps de réfléchir longtemps à tout ça, rattrapés par le quotidien.

Et puis on s’apprêtait à signer pour une maison. La maison parfaite. Mais avec l’imminence de cet engagement sur 25 ans, de cet endettement pour faire comme tout le monde, on s’est mis à réfléchir à toute vitesse.

Est-ce qu’on avait vraiment envie de ça ? Faire 150 bornes par jour et deux heures de route chacun cinq fois par semaine pour se coltiner la tronche déprimante du patron pour Lény et supporter un système de mutation absurde qui promettait à Laura d’avaler les kilomètres encore longtemps ? Compter les sous pour ne pas se retrouver dans la mouise ? Avoir un enfant dans ces conditions et ne pas avoir le temps de l’élever ? Travailler 11 mois dans l’année pour profiter de quelques semaines de congés qu’on vous culpabilise presque de prendre ?

Lény en venait à se demander si son travail avait du sens et quel était le but de tout ça ? On se mettait de plus en plus à questionner le système en général. Notre peur de devenir propriétaires était devenue une peur de passer à côté de nos vies. Il n’en fallut pas d’avantage pour qu’un soir à la crêperie du coin de la rue, les « + » soient bien plus nombreux dans la colonne « tour du monde » que dans celle « acheter une maison ».

Quelques jours plus tard la décision était prise : on remerciait les vendeurs de la maison pour leur gentillesse et on partirait à l’automne 2020 en PVT (visa de travail de un an) en Nouvelle-Zélande. Il nous restait 9 mois pour tout préparer.

Le début d’un nouveau mode de voyage en temps de Covid

Mais les choses ne sont pas toujours simples et les embûches peuvent succéder aux embûches. C’était le printemps 2020 et alors que le Covid entrait dans nos vies de façon fracassante, le monde entier était face à cette embûche plutôt coriace. On venait de recevoir nos visa pour la Nouvelle-Zélande et on était motivés comme jamais. Deux jours plus tard notre futur pays d’adoption fermait ses frontières et ne les rouvrirait pas de si tôt, mettant à mal nos rêves d’évasion de l’autre côté du globe. On a donc dû s’adapter et le PVT en Nouvelle-Zélande est devenu un voyage en Europe pour enfin devenir un saut vers la Polynésie française, à l’autre bout du monde, qui on l’espère nous permettra de pousser plus loin vers l’inconnu.

Le but est le voyage au long cours mais dans le respect. Deux géographes qui veulent parcourir les routes et les sentiers en prenant le temps de contempler, en prenant le temps de découvrir. Nous ne voulons pas en voir le plus possible à tout prix. Nous voulons apprécier à sa juste valeur ce qui s’offrira à nous.

Ce blog sera notre journal de bord et le premier témoin de nos aventures dans un contexte un peu particulier dans lequel nous essaierons d’attiser votre curiosité sur une autre façon de voyager. Vous y trouverez nos découvertes, nos impressions et nos réflexions.
Bonne lecture à tous.

Laura et Lény

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